Hommage à Michel Serres

Le philosophe et académicien Michel Serres est mort à 88 ans. C’était un philosophe comme on en fait trop peu, un esprit encyclopédique, un touche-à-tout de génie, un maître plutôt qu’un professeur, un arlequin, un comédien, un grand défenseur de la langue française. Il nous rendait intelligents.

Auteur des best-sellers  comme « Les Cinq Sens », « Petite Poucette », il avait la capacité de changer nos vies. C’était un charmeur de la tradition orale.

Quel parcours?

Admis à l’Ecole navale, il démissionne et entre à l’Ecole normale supérieure. Puis il commence une carrière universitaire classique et débute l’écriture d’une longue série de livres, en plus des cours et des articles et des conférences. Michel Serres est ainsi l’un des premiers à introduire, dans le champ de l’histoire de la philosophie, la notion de « structure ».

Il enseigne aux Etats-Unis,  pendant une trentaine d’années, à l’université Johns Hopkins, à Baltimore, puis à Stanford. Il se retrouve à l’Académie française et devient, pour un temps, conseiller de la Cinquième (chaine de TV éphémère aujourd’hui remplacée par Arte), « chaîne du savoir ». Son charme fou a attiré vers la philosophie un public que, sans lui, celle-ci n’aurait jamais conquis.

Branché sur l’époque moderne

Sur le thème « Les nouveaux défis de l’éducation », Michel Serres prononce le discours « Petite Poucette », en référence à une génération dont il explique qu’elle connaît des mutations profondes, des transformations rarissimes dans l’histoire : « Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, n’habite plus le même espace, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde extérieur, ne vit plus dans la même nature ; né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus la même mort, sous soins palliatifs. N’ayant plus la même tête que celle de ses parents, il ou elle connaît autrement. » Il tirera un livre de cette conférence, Petite Poucette, énorme succès d’édition avec plus de 270 000 exemplaires vendus en France. Dans cette courte fable, il décrit l’ensemble des changements induits par la révolution numérique. Cette révolution est incarnée par une jeune fille qui de ses pouces habiles pianote sur le clavier de son portable. Comme tous les enfants aujourd’hui: regardez-les.

Non, ce n’était pas mieux avant

Il pourfend la vision idyllique du passé : “C’était mieux avant.” “Or, cela tombe bien, avant, justement, j’y étais” dit-il. Je peux dresser un bilan d’expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao… rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d’Etat laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. » Donc, c’est finalement mieux aujourd’hui.
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